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Le lac Poopó est un lac salin de Bolivie, situé à environ 3 686 mètres d'altitude sur l'Altiplano à 75 km au sud d'Oruro, dans une région de climat aride.

Lac Poopó

Photo satellite du lac Poopó prise en septembre 1991. En haut à droite, la tache foncée correspond au lac Uru Uru près duquel est construite la ville d'Oruro.
Administration
Pays Bolivie
Département  Oruro
Provinces Cercado, Eduardo Avaroa, Poopó, Saucarí, Sebastián Pagador et Sud Carangas
Statut Site Ramsar
Géographie
Coordonnées 18° 38′ S, 67° 08′ O
Type lac salé endoréique
Superficie 1 340 km2
Longueur 84 km
Largeur 53 km
Altitude 3 686 m
Profondeur 2,4 m
Volume 4 020 000 000 m3
Hydrographie
Bassin versant 27 700 km2
Alimentation Río Desaguadero
Émissaire(s) Río Laca Jahuira
Géolocalisation sur la carte : Bolivie

Lorsqu'il était plein, sa superficie variait de 1 340 km2 à 2 500 km2, en faisant alors le second plus grand lac du pays après le lac Titicaca auquel il est indirectement relié. Sa profondeur moyenne était de 2,4 mètres. Il était sujet à de fortes variations du taux d'évaporation.

En 2002, il fut déclaré site Ramsar afin de le protéger. Cependant en raison de l'exploitation des eaux de ses émissaires à des fins agricoles et minières, le niveau du lac a rapidement baissé à partir de 2014 et a pratiquement disparu en , ne laissant que trois zones humides de quelques kilomètres carrés[1],[2]. La zone fut déclarée zone de désastre par le gouvernement bolivien.


Description


Le lac Titicaca alimente indirectement mais partiellement le lac Poopó. En effet, le lac Titicaca s'écoule via un unique fleuve, le río Desaguadero qui est alors relié au lac Poopó dans lequel il se déverse. Pour les années 1960-1990, le débit moyen du Desaguadero a été de 35 m3/s. Mais cette quantité serait très insuffisante pour alimenter un lac de plus de 1 300 km2, soumis de plus à forte évaporation. En fait le Desaguadero grossit tout au long de son parcours grâce à ses propres affluents, si bien que le débit moyen mesuré à la station de Chuquiña est de 89 m3/s, soit 54 m3/s de plus qu'à sa naissance, à la sortie du Titicaca. De plus plusieurs cours d'eau se déversent immédiatement dans le lac Poopó, indépendamment du río Desaguadero, dont le río Marquéz est le plus important.

Peu avant le lac Poopó, le Desaguadero se divise en deux bras. Le bras gauche alimente le lac Uru Uru, situé tout près de la ville d'Oruro, et dont l'émissaire débouche dans le lac Poopó. Le bras gauche va directement au lac qu'il alimente aussi.

Pendant la fonte de la dernière période glaciaire andine il y a environ 11 000 à 13 000 ans, le lac Poopó faisait partie d'un lac beaucoup plus grand appelé Ballivián. Cet énorme lac englobait le salar de Coipasa, le salar d'Uyuni et le lac Titicaca. Ces dernières années, le niveau du lac Poopó a baissé ; la trace blanche tout autour en est la preuve (on la voit clairement sur la photo satellite). Le niveau du lac Titicaca a également baissé, diminuant de ce fait l'écoulement de l'eau dans le río Desaguadero. De plus, une grande partie de l'eau s'évapore à cause du soleil intense et des vents forts.

La partie des eaux non évaporées du lac Poopó est alors vidangée par un petit fleuve qui se trouve à son extrémité sud-ouest, le Río Laca Jahuira qui se déverse à son tour dans le salar de Coipasa.


Le système TDPS


On appelle système TDPS l'ensemble hydrologique constitué par le lac Titicaca (et ses nombreux petits affluents), le Río Desaguadero, le lac Poopó (et le lac Uru Uru) et le salar de Coipasa. Ce système est partagé entre le Pérou et la Bolivie qui se mettent d'accord pour prendre certaines mesures de sauvegarde, lorsqu'elles s'imposent.


Bilan hydrique du lac Poopó


En haut, le lac avec des eaux basses, montrant de grandes traces de sel et de boue (nov. 2005). Les précipitations suivantes assez importantes ont amené de l'eau boueuse depuis le Río Desaguadero. Détail en bas : l'extension des eaux a réussi à créer une île (mars 2006).
En haut, le lac avec des eaux basses, montrant de grandes traces de sel et de boue (nov. 2005). Les précipitations suivantes assez importantes ont amené de l'eau boueuse depuis le Río Desaguadero. Détail en bas : l'extension des eaux a réussi à créer une île (mars 2006).

Comme pour tous les lacs, le bilan hydrique du Lac Poopó est le résultat de l'équation suivante : quantités entrées - quantités sorties = variation du niveau du lac, où les entrées sont réparties entre les quantités amenées par l'ensemble des affluents, plus la somme des précipitations tombées sur la surface du lac (plus éventuellement des apports souterrains de nappes aquifères), et les sorties sont les quantités évaporées, augmentées du débit de l'émissaire et des pertes par infiltration ou irrigation. Ces quantités sont bien sûr des quantités moyennes observées sur une longue période. L'assèchement du lac s'est accéléré depuis , et il peut être aujourd'hui considéré comme totalement asséché.

L'évaporation subie par le lac est de l'ordre de 1 800 mm par an.

À partir de 2014, après avoir été massivement ponctionné pour l'irrigation de l'agriculture puis avoir subi en conjonction les effets du réchauffement climatique et d'un pic d'activité du phénomène El Niño en 2015, le lac Poopó s'est asséché à près de 99 % et ne comporte plus que trois zones résiduelles d'à peine quelques kilomètres carrés[3].


Écologie


Depuis le , le lac Poopó et le lac Uru Uru ont été déclarés sites Ramsar, dont la convention a pour but de préserver les zones humides de la planète[4].

La ville de Huanuni, important centre minier de la zone situé au nord-est, en amont du Poopó mais en aval du lac Uru Uru, constitue une source inquiétante de pollution par résidus métalliques et autres. La situation est étudiée afin d'éviter toute dégradation de la qualité de l'eau.


Les oiseaux


Flamants du Chili, une des curiosités du lac Poopó.
Flamants du Chili, une des curiosités du lac Poopó.

C'est un lac particulièrement fréquenté par les flamants, dont il héberge pas moins de trois espèces, le Flamant de James encore appelé Flamant de la puna, le Flamant des Andes et le Flamant du Chili.

Parmi les espèces résidentes, on y trouve aussi le Nandou de Darwin (Pterocnemia pennata), la sarcelle de la puna (Anas puna), le Grèbe microptère (Rollandia microptera), l'Ibis de la puna (Plegadis ridgwayi), le Condor des Andes (Vultur gryphus), l'Avocette des Andes (Recurvirostra andina), le Pluvier de la puna (Charadrius alticola), la Colombe de Cécile (Metriopelia ceciliae), le Sicale jaune (Sicalis lutea) et le Pic des rochers (Colaptes rupicola).


Sources



Voir aussi



Articles connexes


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Liens externes



Notes et références


  1. (es) « Causas que provocaron la desaparición del lago Poopó » Causes de la disparition du lac Poopó »], sur Journal bolivien El Sajama, (consulté le ).
  2. « Le lac Poopó en Bolivie asséché », sur Euronews, (consulté le ).
  3. (en) Bolivia's second-largest lake dries up and may be gone forever, lost to climate change dans The Guardian du 22 janvier 2016.
  4. (en) « Lagos Poopó y Uru Uru », sur Service d’information sur les Sites Ramsar (consulté le )

На других языках


[de] Poopó-See

Der Poopó-See ist ein rund 1340 km² großer Salzsee in den Anden in Bolivien. Die Behörden erklärten den See im Dezember 2015 offiziell für ausgetrocknet, im Februar 2017 wurde er durch starke Sommerregen zu einem großen Teil wieder aufgefüllt, jedoch 2021 wieder ausgetrocknet.[1]

[en] Lake Poopó

Lake Poopó (Spanish: Lago Poopó Spanish: [ˈlaɣo po.oˈpo]) was a large saline lake in a shallow depression in the Altiplano Mountains in Oruro Department, Bolivia, at an altitude of approximately 3,700 m (12,100 ft).[2][3] Because the lake was long and wide (90 by 32 km, 56 by 20 mi), it made up the eastern half of the department, known as a mining region in southwest Bolivia. The permanent part of the lake body covered approximately 1,000 square kilometres (390 sq mi) and it was the second-largest lake in the country.[4] The lake received most of its water from the Desaguadero River, which flows from Lake Titicaca at the north end of the Altiplano. Since the lake lacked any major outlet and had a mean depth of less than 3 m (10 ft), the surface area differed greatly seasonally.[5]

[es] Lago Poopó

El lago Poopó es un lago de agua salada, el segundo más grande de Bolivia después del lago Titicaca.[1][2] Ambos están conectados por el río Desaguadero. De los lagos ubicados exclusivamente en territorio boliviano es el de mayor tamaño. El 16 de diciembre de 2015 desapareció tras un acelerado proceso de desertificación, sin embargo, con las lluvias que se registraron los meses de diciembre de 2016 y los primeros meses de 2017 pudo recuperar un tercio del agua perdida.
- [fr] Lac Poopó

[it] Lago Poopó

Il lago Poopó è un grande lago salato situato in una depressione superficiale nella sezione boliviana dell’altiplano ad un'altitudine di circa 3.686 metri sul livello del mare. Misura 90 km di lunghezza per 32 km di larghezza e costituisce la metà orientale del Dipartimento di Oruro, una regione mineraria nel sud-ovest della Bolivia.

[ru] Поопо

Поопо́ (исп. Lago Poopó, айм. Pü Pü Quta, кечуа Puwpu qucha) — пересохшее[1][2] бессточное солёное озеро в Боливии, примерно в 130 км к югу от города Оруро.



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